La Libre Belgique vendue aux Flamands
Info ou intox ? La rumeur circule en tout cas avec insistance depuis quelques semaines. Le point aurait même été inscrit à l’ordre du jour du dernier Conseil d’entreprise du groupe IPM, éditeur de La Libre et de la DH.
Le groupe Corelio [qui a récemment racheté Vers l'Avenir et les imprimeries Nimifi-Nevada] et qui est déjà propriétaire des titres De Standaard, Het Nieuwsblad, De Gentenaar, Vers l’Avenir et Passe-Partout serait en passe de racheter La Libre Belgique.
Vous imaginez l’AVV-VVK [Alles voor Vlaanderen, Vlaanderen Voor Kristus] remplacer le mot Belgique! Les derniers abonnés de La Libre risquent de faire sur le champ un infarctus et de se retrouver dans les pages nécro…

SOS POUR SAUVE-QUI-PEUT
À vrai dire, les velléités de rapprochement entre les deux groupes ne datent pas d’hier : en 1999, déjà, Mediabel et Dupuis avaient pris le contrôle d’IPM de façon pas très catholique. Pour couronner le tout, l’homme d’affaires Stephan Jourdain s’était immiscé dans cet imbroglio et avait roulé l’Evêque de Namur dans la farine après un bon dîner arrosé d’un grand cru de Bourgogne pour s’emparer, en une nuit, de La Libre. Tout cela un 1er avril. Cela ne s’invente pas…
Les le Hodey brothers avaient du batailler ferme pour démêler [et casser en justice] ce sac de noeuds.
10 ans après, rebelote : l’OPA forcée d’antan est devenue aujourd’hui un SOS pour sauver les meubles, histoire d’éviter un bain de sang social et surtout de fourguer les marques Libre et DH avant de se faire bouffer tout cru.
COMME CHEZ FORTIS ?
Seul hic, c’est que les négociations, qui avaient lieu dans le plus grand secret et qui étaient bien avancées, patinent car Corelio ne voudrait pas de la DH : trop chiens écrasés et trop concurrentiel avec Vers l’Avenir, le moniteur des Noces d’Or en Walbanie.
Sans doute faudra-t-il faire comme avec Fortis : démanteler le groupe et refiler « la DH, c’est trash » à Christian Van Thillo, le boss du Persgroep, pour en faire un Laatste Nieuws francophone.
Or, les frères le Hodey voudraient se désengager totalement et céder en bloc les quotidiens La Libre et La DH, les hebdos Paris Match Belgique et La Tribune de Bruxelles et la radio Ciel Info. D’où le blocage actuel et les fuites…
En réalité, ils gagnent bien plus de pognon avec leurs projets immobiliers qu’avec ces canards boiteux où la moindre réformette est synonyme de menace de grève.
Si le rachat devait être finalisé, il ne resterait dès lors plus qu’un seul groupe de presse aux mains des francophones : Rossel, éditeur du Swâr et des titres du groupe Sud-Presse, détenu par les familles Hurbain et Marchand.
Cette redistribution des cartes n’est pas du goût de tout le monde, surtout quand on se rappelle que le secteur de la presse francophone est ultra subsidié, muselé et aseptisé par rapport au pouvoir politique qui, en le finançant, le garde sous sa coupe [ça peut toujours servir].
ON RIT JAUNE AU CDH
Au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et au CDH qui ont, avec la silencieuse complicité du PS, remué ciel et terre pour que la radio Ciel Info [qui ne fait que 0,2% d'audience] soit l’heureuse élue du plan de fréquence au détriment de Mint ou de BFM, on a l’impression d’être les cocus de l’affaire.
Et rayon soutien politique, ce n’est pas tout : en 2006, le CDH Cerexhe [vaincra] et la S.R.I.B. avaient réinvesti € 4,7 millions dans la Sodimco [la société qui imprime La Libre et la DH] soit disant « afin de maintenir l’ancrage bruxellois et de permettre à la société de moderniser son outil de production ».
Or, ces rotatives ne tournent que pour imprimer La Libre et La DH : seuls les suppléments sont imprimés sur les nouvelles rotos…
PERTES ET DOUBLONS
Tout cela coûte un avion de chasse au groupe IPM qui doit déjà supporter la charge de ses nouveaux bâtiments « hi tech » rue des Francs et la dégringolade des ventes de La DH [-10 000 ventes par jour en 2 ans] et de La Libre [- 6000 ventes par jour en 18 mois].
Ce subside risque de ne pas servir à grand chose en cas de fusion, tant les imprimeries sont légions dans le groupe Corelio [sites de Erpe-Mere, Forest et Grand-Bigard]. Rappelez-vous le sort de l’imprimerie de Vers l’Avenir à Rhisnes près de Namur…
Mais comme il s’agir de l’argent du contribuable pour la grande presse subventionnée, cela devrait immanquablement passer en pertes et profits…
Rudy UBU
23 octobre 2008 à 9:32
Pourquoi s’en fâcher?
Nous vivons bien dans une UE ouverte comme une baignoire trouée!
LeVif/L’Express appartient bien à Roularta sans qu’on s’en offusque.


La RTB se subordonne bien à une obédience du Bd du Rouge Crime.
Nos parlements CF autant que RW sont achetés par les MOC et FGTB.
Vous le dites très pertinemment:
« »le secteur de la presse francophone est ultra subsidié, muselé et aseptisé par rapport au pouvoir politique qui, en le finançant, le garde sous sa coupe… »" =>> peut-on faire pire?
Que Milquet et DiRupo puissent s’en émouvoir, après leurs litanies du NON-NIET-NEIN me laisse assez indifférent. Avoir une presse de qualité et sans tromperies est un point majeur pour nos démocraties.
A cet égard, les flamands sont-ils pires que les francophones?
Ramener le débat à une question de localisation d’imprimerie est un problème du passé. Le FT, des journaux USA sont rédigés mondialement et imprimés « remotely » sans qu’on soit trop troublé…
23 octobre 2008 à 11:07
La fin de MINT et de BFM est un scandale
Cette radio Ciel est inaudible et archi nulle
23 octobre 2008 à 15:09
[...] Ubu de cette semaine qui a eu la bonté de choir dans ma boîte aux lettres, le groupe éditeur de la Libre serait à vendre (en entier ou par appartements) et l’acheteur serait Corelio (De Standaard, Vers [...]
23 octobre 2008 à 16:29
Ah,
en voici une au moins qui ne pourra tomber dans la manne du PS-CdH. Et en plus le lien se resserre entre Nord et Sud; Elio n’a qu’à bien se tenir!
24 octobre 2008 à 18:59
Bon, on jugera à l’expérience qui gagnera le plus en influencera entre deux courants du MOC/CSC et ceux du frérot CD&V pour inlféchir éventuellement sur la teneur de leurs articles de nature socio-politique.
Mon appréciation est haute sur beaucoup de leur staff journalistique.
Pour avoir lu et lire encore pas mal de presses, je situe LLB dans le quartile supérieur.
Comme d’autres l’ont clairement dit, la subordination de la rédaction en chef à l’obtention « durable » de subsides ex-C.F. peut poser qq problèmes.
Voyons de manière critique? Comparons avec la gazette vespérale?
28 octobre 2008 à 16:13
un foin pour pas grand chose. Les médias néerlandophones (et non « Flamands ») sont loin d’être racistes.
28 octobre 2008 à 19:08
au cours de mes déplacements belgo-belges je compare souvent ce qui se publie comme conneries dans un LaMeuse liégeoise avec les articles dans De Standaard néerlandophone,
ben même si ma moedertaal est le françhais je m’appliquerais volontiers à un bain de néerlandophonie pour ne pas pleurer ma vie entière!
3 novembre 2008 à 22:17
@bon belge Votre commentaire est inapproprié. Vous pouvez comparer la Meuse liégeoise au Belang van Limburg mais pas au Standaard dont l’équivalent serait La Libre…
5 mars 2009 à 0:34
article assez osé, pas très interressant… Sur quoi s’appuie l’article, quelle preuve, quelle information??