Où on va? J’en sais rien, mais on y va! [Pierre Fournier]
Défense de rire: le mono-thématisme écrase tout sur son passage!
Après le Tsunami de 2004 en Thaïlande, les interprétations des spécialistes ès médias furent unanimes: si le drame avait à ce point fait la « une », c’était à cause de la présence sur place d’une multitude de touristes occidentaux. Caméscopes et Gsm avaient fait le reste. A contrario, le génocide rwandais n’a guère interpellé la planète parce qu’il s’était déroulé en circuit fermé, ou presque. Et tant pis pour les Rwandais…
Cette observation sur la médiatisation des catastrophes refait surface, après le tremblement de terre en Haïti, l’explosion de gaz à Liège, le crash des deux trains à Hal, la tragédie au Chili, la tempête en Europe, et on en passe. Certains ne seront connus chez nous que, d’ici quelques mois, voire jamais, parce qu’occultés par d’autres, plus importants ou médiatiquement plus parlants. Le mono-thématisme règne en maître: un drame chasse l’autre…
À propos de la place qu’un humoriste peut donner à des accidents, le sniper de l’ironie, Stéphane Guillon, ne se gêne pas pour le clamer: le délai pour rire d’un accident d’avion dépend de son éloignement et du nombre d’enfants qui y ont laissé la vie. Un peu morbide, mais assez vrai ! Cette règle destinée aux comiques vaut pour tout le monde. Si cent gosses meurent en Alaska, nous y attacherons moins d’importance – et/ou oserons plus en faire un sujet à plaisanteries, bonnes ou mauvaises – que si un enfant se casse une jambe, sous nos yeux. Reprenons l’exemple du génocide rwandais: il se déroulait loin et concernait des millions de victimes. Il a fallu que 10 de nos paras y meurent, pour que les occidentaux, et surtout les Belges, daignent s’y intéresser. Faut-il en pleurer, ou en rire? Excellente question! Doublez ce postulat du principe du mono-thématisme – le goût de plus en plus renforcé pour les drames – et vous aurez le cortège incessant de catastrophes qui font la joie des chroniqueurs. Une seule réaction s’impose, après avoir lu cette dernière phrase: il faut en pleurer!
PS: L’autre jour, chez Laurent Ruquier, le chroniqueur Eric Zemmour s’est fait remettre à sa place par Patrice Lecomte, venu défendre sa pièce « Je l’aimais« . Après avoir écouté le journaliste assassiner son œuvre, le scénariste y alla d’une fable, style Lafontaine. « Un corbeau et un rossignol se demandent qui d’eux chante le mieux. Afin de se départager, ils font appel à un petit cochon, lequel décide que le corbeau est le meilleur siffleur. Le rossignol fond en larmes. « Tu sanglotes parce que tu as perdu? », demande le porc. « Non, c’est parce que j’ai été jugé par un cochon! » Zemmour n’a pas ri. Le public, et Ruquier, oui!
Tsunami UBU
8 mars 2010 à 10:53
Ce que j’appelle « l’effet troupeau », les rires et pleures de concert… Vous pouvez ajouter le rôle du cinéma qui souvent par sa violence, a pour but inavoué de désamorcer les fonctions émotionnelles liées à la réalité…
A la fin de sa semaine abrutissante, la masse éprouve le besoin pleurer ou rire maladivement dans les salles de spectacles ou autres, ayant chèrement payé sa place pour ce faire. Comme ce jeune enfant (mal pétri) qui fait sa crise de larmes en début de soirée, pleures qui font suite aux oppressions qu’il a du subir lors de son en-saignement…
Seul un sourire léger et serein ne relève pas d’un déséquilibre pathologique mental…
9 mars 2010 à 9:06
Il y a pire me semble-t-il: à l’heure où j’écris ce message le oir en ligne n’a toujours pas fait état du massacre de 500 chrétiens par des musulmans au Nigéria. A moins que j’aie manqué l’article? Qu’est-ce qui peut bien justifier cette curieuse indifférence du quotidien bruxellois à l’égard d’un massacre commis par des « musulmans ordinaires » (et pas des islamistes fanatiques). Un peu comme dans les années 30 des « Allemands ordinaires » ont versé dans le nazisme et sont allés jusqu’à cautionner (quand il n’y ont pas carrément participé) les pires atrocités du régime.
9 mars 2010 à 19:56
Vous avez vite fait de dépeindre l’histoire Allemande ou africaine?.. Quant elles souffrent, les populations sont capables de tout… Il est un peu facile de donner sont analyse des faits historique quand le frigo est rempli et au chaud… Vous savez sans doute que la population à été anormalement contrainte à la famine par le reste du monde, après 14 pour l’Allemagne… Je ne parlerai pas trop des banques, qui organisent l’ensemble des festivités guerrières de la planète…
Si vous restiez sans manger quelques jours, voire des semaines, vous constateriez que vos raisonnement n’auraient plus cours (aucun raisonnement)… Vous seriez plus proche du loup, mais certes moins cool que lui… Un homme affamé redevient un animal.
10 mars 2010 à 11:59
La famine et la misères furent bien plus graves dans l’Allemagne de l’après 45 que dans celle de l’après 18, qui n’avait subi aucune destruction sur son territoire. En revanche, dès le 11 novembre 1918 on a vu en Allemagne les milieux nationalistes et militaristes refuser la défaite, en l’imputant aux politiciens (alors que l’état-major impérial lui-même reconnaissait quelques jours plus tôt que l’armée était qusiment au bord de l’effondrement), et répandre dès ce moment la légende du « coup de poignard dans le dos). Si famine il y eu, elle fut de courte durée et ne justifie en aucun cas ce qui allait se produire 20 ans plus tard. Pour autant que je sache, l’Allemagne nazie n’a pas fait la guerre parce qu’en 1939 les Allemands étaient réduits à la famine, mais pour piller les richesses des voisins. Au demeurant, ce ne sont en général pas ceux qui étaient les plus susceptibles de mourir de faim, à savoir les membres de la classe ouvrière, qui portèrent les nazis aux pouvoir, mais les membres de la bourgeoise et du paysannat.
10 mars 2010 à 15:18
Il est vrai, en partie. Après 1418, l’Allemagne fut amputée de nombreuses régions, de son charbonnage, de ses implantations outre mer, plus une dette de guerre pharaonique… C’est cet ensemble de chose qui pesa sur sa
10 mars 2010 à 15:26
…population. J’oubliai les l’embargo mondial…
Je veux dire par là, que les peuples réduit à la pauvreté son aisément manipulables, orientables… Il s’agit donc de mettre en évidence les stratégies polito-financières qui conduisent aux conflits…
C’est cette partie de l’histoire qui est tue… Les faits eux n’en sont que les conséquences inexorables!… Causes à effets…